« 30 % de protéines » : sur un paquet de croquettes, le chiffre peut sembler rassurant. Mais que nous dit-il réellement sur la qualité des protéines apportées à votre chien ?
Pas autant qu’on pourrait le penser.
Deux aliments peuvent afficher un taux de protéines similaire sans présenter exactement le même profil nutritionnel. Car pour comprendre l’intérêt des protéines d’une croquette, leur quantité n’est qu’une partie de l’équation.
Il faut aussi s’intéresser aux acides aminés qui les composent, à leur équilibre et à leur digestibilité.
On vous explique.
1. « 30 % de protéines » :
que signifie vraiment ce chiffre ?
Sur l’étiquette d’un paquet de croquettes, le taux de protéines brutes apparaît dans les constituants analytiques.
Une indication comme : Protéines brutes : 30 % nous renseigne sur la teneur analytique en protéines de l’aliment.
Mais elle ne nous dit pas, à elle seule, quelles protéines composent l’aliment, quel est leur profil en acides aminés ni comment elles seront digérées et utilisées par l’organisme.
C’est une distinction importante : le taux de protéines nous renseigne d’abord sur une quantité, pas directement sur leur qualité nutritionnelle.
À RETENIR 👀
→ Deux croquettes affichant toutes les deux 30 % de protéines ne sont pas nécessairement équivalentes sur le plan protéique. Pour aller plus loin, il faut regarder ce qui se cache derrière ce pourcentage.
2. Une protéine,
c’est quoi exactement ?

Pour comprendre ce qui fait la qualité d’une protéine, il faut d’abord comprendre comment elle est construite.
Une protéine est constituée d’un enchaînement d’acides aminés.
Imaginez un collier : la protéine correspond au collier entier et les acides aminés aux différentes perles qui le composent.
Ces acides aminés sont utilisés par l’organisme pour de nombreuses fonctions : entretien et renouvellement des tissus, fonctionnement musculaire, synthèse de certaines enzymes, hormones et autres molécules essentielles…
Autrement dit, le chien n’a pas seulement besoin d’un certain volume de protéines. Il a besoin que son alimentation lui fournisse les acides aminés nécessaires dans des quantités adaptées.
Tous les acides aminés sont-ils
indispensables dans l’alimentation ?
Le chien utilise de nombreux acides aminés, mais tous ne doivent pas nécessairement être apportés directement par son alimentation.
Certains sont dits essentiels : l’organisme du chien ne peut pas les synthétiser en quantité suffisante pour couvrir ses besoins. Ils doivent donc être apportés par l’alimentation.
Chez le chien adulte, on s’intéresse notamment à des acides aminés essentiels comme l’arginine, l’histidine, l’isoleucine, la leucine, la lysine, la méthionine, la phénylalanine, la thréonine, le tryptophane et la valine.
Certains acides aminés fonctionnent
aussi en duo !
Les recommandations nutritionnelles tiennent également compte de certaines associations, notamment méthionine + cystine pour les acides aminés soufrés et phénylalanine + tyrosine pour les acides aminés aromatiques.
Pourquoi ? Parce que certains peuvent épargner une partie du besoin de l’autre. Il ne suffit donc pas toujours de regarder chaque acide aminé séparément.
ET LA TAURINE ?
La taurine n’est généralement pas considérée comme un acide aminé essentiel chez le chien adulte, car son organisme peut la synthétiser, notamment à partir des acides aminés soufrés.
Ces derniers méritent une attention particulière, notamment dans certaines formulations riches en légumineuses. La taurine et ses précurseurs sont également étudiés dans le cadre des recherches sur l’alimentation et certaines cardiomyopathies chez le chien.
→ Voilà pourquoi regarder uniquement « 30 % de protéines » ne suffit pas : encore faut-il que l’alimentation apporte un profil en acides aminés adapté aux besoins du chien.
3. L’aminogramme :
la carte d’identité des acides
aminés
C’est ici qu’intervient un terme beaucoup moins connu : l’aminogramme.
Un aminogramme est une analyse qui permet de connaître le profil en acides aminés d’un aliment : quels acides aminés sont présents et dans quelles quantités.
On peut notamment y retrouver :
Lysine : X
Méthionine : X
Leucine : X
Tryptophane : X
Valine : X
etc.
Les unités et la manière d’exprimer les résultats peuvent varier. Il faut donc toujours vérifier sur quelle base les valeurs sont présentées avant de les comparer.
Les références de la FEDIAF peuvent notamment être exprimées pour 100 g de matière sèche ou pour 1 000 kcal d’énergie métabolisable.
L’expression pour 1 000 kcal est particulièrement utile pour comparer deux aliments de densités énergétiques différentes : elle rapporte l’apport en acides aminés à la quantité d’énergie consommée.
EN VERSION TRÈS SIMPLE :
Taux de protéines → COMBIEN ?
Aminogramme → QUELS ACIDES AMINÉS ET EN QUELLES QUANTITÉS ?
Les deux informations ne répondent donc pas à la même question.
Comment savoir si l’aminogramme
est intéressant ?
Une liste de chiffres n’a de sens que si l’on dispose d’un référentiel pertinent auquel les comparer.
En nutrition canine, des recommandations nutritionnelles permettent notamment d’établir des apports recommandés ou minimaux pour différents nutriments et acides aminés, selon le type d’aliment et le stade de vie du chien.
L’intérêt n’est donc pas de chercher « le plus de leucine possible » ou « le plus de lysine possible ».
L’objectif est plutôt de vérifier que le profil de l’aliment permet de couvrir de façon appropriée les besoins en acides aminés indispensables, dans le contexte de la formulation complète.
→ Plus n’est pas automatiquement mieux. Adapté est le mot important.
4. Un bon aminogramme suffit-il à
garantir des protéines
de qualité ?
Non. Et c’est là que la notion de digestibilité entre en jeu.
Un aliment peut contenir un nutriment sans que 100 % de celui-ci soit nécessairement digéré puis disponible pour l’organisme. Pour les acides aminés, on s’intéresse notamment à leur digestibilité iléale, évaluée à la fin de l’intestin grêle, avant la fermentation dans le côlon. Elle ne peut donc pas être déduite simplement de l’aspect des selles.
Pour évaluer l’intérêt nutritionnel des protéines, on ne s’intéresse donc pas seulement à leur quantité et à leur composition en acides aminés, mais également à leur digestibilité et à la disponibilité de ces acides aminés pour l’animal.

5. Protéines animales ou
végétales : peut-on simplement
les opposer ?
Poulet, poisson, œuf, pois, céréales… Les matières premières utilisées dans une croquette peuvent toutes contribuer, dans des proportions différentes, à l’apport protéique total de la recette.
Les différentes sources de protéines n’ont pas nécessairement le même profil en acides aminés ni la même digestibilité.
C’est notamment pour cette raison qu’il est réducteur de juger la qualité protéique d’un aliment uniquement à partir de la présence d’un ingrédient présenté comme « premium » ou, à l’inverse, de décréter qu’une protéine est mauvaise simplement parce qu’elle est d’origine végétale.
Ce qui compte,
c'est aussi leur complémentarité !
Une formulation peut associer plusieurs matières premières dont les profils en acides aminés se complètent. C’est donc l’équilibre de la recette finale qui doit être considéré.
Par exemple, lorsqu’un acide aminé indispensable est présent en quantité insuffisante par rapport aux besoins, il peut devenir un facteur limitant pour l’utilisation optimale des autres acides aminés destinés à la synthèse protéique.
C’est précisément pour cela qu’un aminogramme de l’aliment fini peut apporter une information particulièrement intéressante : il permet de regarder le profil obtenu après avoir combiné les différentes sources de protéines de la recette.
6. Comment évaluer les protéines
de croquettes pour chien ?
Vous l’aurez compris : il n’existe pas un chiffre unique permettant de classer les protéines d’une croquette comme « bonnes » ou « mauvaises ».
Pour avoir une lecture plus pertinente, plusieurs informations peuvent être croisées :
✓ Le taux de protéines brutes
→ pour connaître la quantité globale présente dans l’aliment.
✓ Les sources de protéines dans la composition
→ pour identifier les matières premières qui contribuent à cet apport.
✓ Le profil en acides aminés
→ pour savoir quels acides aminés sont présents et dans quelles quantités.
✓ La couverture des besoins nutritionnels
→ en comparant les données avec des références adaptées au chien et à son stade de vie.
✓ La digestibilité
→ pour aller au-delà de ce qui est simplement présent dans la croquette.
✓ La formulation dans son ensemble
→ parce qu’une alimentation ne se résume jamais à ses protéines.
7. Et chez Holistipet,
comment vérifions-nous le profil
en acides aminés ?
Chez HOLISTIPET, nous avons choisi d’aller plus loin que le simple taux de protéines affiché sur le paquet de La Bonne Croquette. Pour connaître précisément leur profil en acides aminés, nous avons fait réaliser l’aminogramme de nos recettes par un laboratoire indépendant.
Cette analyse nous permet de mesurer les différents acides aminés présents dans l’aliment et d’aller au-delà d’un simple « X % de protéines brutes ».
Vous voulez voir les données par vous-même ?
Chez HOLISTIPET, la transparence passe aussi par l’accès aux informations qui se cachent derrière nos recettes. L’aminogramme complet de La Bonne Croquette est disponible dans notre espace Ressources.

En résumé :
le taux de protéines n’est que le début de l’histoire
Un pourcentage de protéines élevé ne suffit pas, à lui seul, à renseigner sur leur qualité nutritionnelle. Pour aller plus loin, il faut regarder ce qui se cache derrière ce chiffre : les sources de protéines utilisées, leur profil en acides aminés, la couverture des besoins du chien et, lorsque l’information est disponible, leur digestibilité.
L’aminogramme apporte ainsi une pièce supplémentaire au puzzle : il permet de dépasser le simple « combien de protéines ? » pour s’intéresser à « quels acides aminés et en quelles quantités ? ».
La prochaine fois que vous lirez « 30 % de protéines » sur un paquet de croquettes, vous saurez donc que la bonne question n’est pas seulement « est-ce beaucoup ? », mais aussi : « Qu’est-ce qui se cache derrière ces 30 % ? »


